Autrefois, dans un temps que les moins de 200 ans ne peuvent pas connaître, le vin supportait fort mal le transport et l’eau n’était pas la plus saine des boissons. Aussi, chaque bourgade qui se respectait cherchait à disposer d’une vigne, sans pour autant chercher à produire le grand cru. Et Chaville n’était pas en reste.
Petit à petit les techniques de conservation et de transport se sont améliorées, le phylloxera est passé par là et les vignobles ont disparu des paysages franciliens à quelques exceptions près (Montmartre, Suresnes et des communes du Grand Ouest…) qui relèvent plus du folklore que de l’agriculture.

En 1988, puis en 2004, Chaville a replanté des vignes. Et aujourd’hui, les Chavillois.e.s peuvent se targuer d’une vigne rue de la Résistance et d’une autre rue Paul-Vaillant-Couturier, pour une surface totale de 1800 m². Chaque année, les Chavillois.e.s sont invité.e.s à participer à la vendange du Chavignon, événement sympathique particulièrement prisé… mais qui n’accouche pas d’un grand cru.
Afin d’améliorer la qualité du Chavignon et se doter de capacités de stockage, la municipalité, sous la mandature précédente, a envisagé la construction d’un chai ainsi que le recours aux conseils d’un œnologue. Le budget d’investissement voté en 2019 (mais non dépensé) pour le chai était de 100 000 euros.

A l’heure où un nombre croissant de nos concitoyens font l’expérience de la précarité, notre Association Chaville Ecologistes s’est émue de ce projet. Pour nous, une telle dépense est aujourd’hui un contre-sens.

Pourquoi ne pas plutôt faire jouer l’entraide et la mutualisation des moyens entre communes ? Est-il possible de vinifier la récolte de Chaville dans le chai d’une commune proche possédant déjà l’équipement et, qui sait, capable de nous aider à améliorer la qualité de notre production pour viser, choyons fou, un label AOC parisien ?
Cela permettrait à Chaville de conserver le côté éducatif et participatif de la vendange tout en apportant une solution à moindre coût à la vinification et au stockage.

Et pour conclure nous ne considérons cette vigne ni comme un patrimoine, ni comme de l’agriculture urbaine, même si toute démarche qui nous reconnecte à notre environnement est a priori pertinente et à ce titre nous tenons à notre vigne et remercions les personnes qui s’en occupent !

* 100 000 € semble bien être la somme évoquée lors du conseil municipal de février 2020, même si aucun devis ni aucune trace ne figure ni dans le procès verbal, ni dans le compte-rendu de la séance. Le budget lui-même ne détaille pas ce poste.

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