© Ville de Chaville – Mairie de Chaville

·  Élaborer un Pacte pour un Urbanisme Responsable (PUR) de l’espace public

Aménagement responsable et durable de l’espace public, c’est ce qu’on entend par « PUR de l’espace public ». En effet, lors de nos discussions, notamment autour du PLUi, si nous nous sommes réjouis des décisions permettant d’aller vers un urbanisme durable, force-nous a été de constater que les obligations s’appliquent uniquement aux espaces privés alors que les espaces publics ne sont, eux, pas concernés. Aussi est-ce ce à quoi nous cherchons à remédier par cette réflexion.

L’élaboration d’un PUR de l’espace public à Chaville peut/doit s’appuyer sur les documents existants notamment lorsque ceux-ci émanent de consultations citoyennes, tels que les grands principes définis dans les documents portant sur les OAP Mobilités et Continuités écologiques dans le cadre du PLUi, le PUR espaces privés, l’atelier Mobilités des Conseils de quartier. Les différentes étapes de l’élaboration du PUR doivent idéalement respecter la parité.

·  Se concerter à différentes échelles

Une concertation aux différentes étapes : au moment de l’élaboration du PUR, mais aussi lors de sa mise en œuvre concrète :

  • Rencontre et échanges avec des experts, écologues, urbanistes…
  • Rencontre et échanges avec les opérateurs de la mobilité
  • Rencontre et échanges avec d’autres communes ou collectivités territoriales susceptibles d’apporter leur expérience…
  • Mise en œuvre d’ateliers participatifs / coopératifs (échelle de la création du PUR) et organisation de marches sensibles [1]:
    • Consultation auprès des jeunes (CMJ), des seniors, des PMR, représentant des acteurs non humains
    • Concertation dans le cadre des CQ (Conseils de Quartiers) ou avec les riverains, selon les mêmes principes que ceux du PUR espaces privés

La concertation doit permettre de veiller à ce que toute modification de l’espace public prenne en compte tant les habitants que le patrimoine naturel et les espèces vivantes locales. D’où l’importance d’une consultation très large.

·  S’inspirer

Le principe de la « Rue aux enfants » nous est apparu comme la thématique d’un fil conducteur. En effet la rue aux enfants est une rue qui est de facto pour tous : personnes âgées, personnes en situation de handicap…[2]

De plus une analyse de l’espace public sous le prisme du genre nous parait nécessaire. L‘idée étant de rendre la ville, encore trop souvent pensée par et pour les hommes, plus égalitaire. Les femmes doivent être associées de façon paritaire à tous les niveaux de décision en matière d’aménagement de la ville, de transport, de participation, d’environnement, etc. [3]

·  Les thématiques du PUR (notamment évoqués dans les documents OAP)

o  Adapter la ville au changement climatique, corriger les impacts liés aux méthodes d’aménagement du XXème siècle

© Commune de Deuil-La Barre – Département du Val-d’Oise – Plan Local d’Urbanisme
      • Accueillir et valoriser les eaux pluviales dans un cycle naturel. Rafraîchir la ville, dans une approche bioclimatique des espaces publics

Déclinaison : désimperméabiliser partout où c’est possible, veiller à ce que cela soit le cas de tous les terre-pleins et autres espaces tampons de la voirie ; installer des brumisateurs dans des zones ombragées ; dans le cadre d’une voirie adaptée aux PMR et aux poussettes, envisager de désimperméabiliser les passe-pieds ; désimperméabiliser les places de parking lors des réfections. Végétaliser les surfaces qui peuvent l’être : sols, bandes de trottoirs, grillages des bâtiments publics, palissades, murs nus réfléchissant…[4]

      • Utiliser l’effet albedo

Mener une réflexion sur les revêtements utilisés. L’asphalte, le béton et le granit sont des matériaux à éviter car ils piègent la chaleur durant la journée et la restituent pendant la nuit.
« Jouer avec un albédo relativement élevé est intéressant dans des espaces peu fréquentés en journée l’été. À noter que les albédos extrêmes sont à éviter de manière générale.
Pour savoir s’il faut opter pour un albédo élevé, contribuant moins à l’ICU [Ilot de Chaleur Urbain] mais avec le risque de renvoyer la chaleur sur les passants, il faut s’intéresser à la configuration du lieu et à sa fréquentation, sans oublier l’aspect visuel. » [5]

      • Installer des dispositifs ombragés là où il est impossible de compter sur la nature
© Ville de Paris
      • Limiter la place des voitures individuelles sur l’espace public

Plus une ville laisse de place aux véhicules motorisés dans l’espace public, plus l’air est pollué, plus l’atmosphère se réchauffe y compris localement. Plus il faut consacrer de surface à la voirie et aux parkings, moins les autres modes de déplacement trouvent leur place. Il y a un juste équilibre à rechercher.

      • Lutter contre la pollution

Bruit, pollution atmosphérique, pollution visuelle, pollution olfactive, gestion des déchets ménagers et autres, gaz à effet de serre…certains de ces points sont développés dans d’autres rubriques de ce document (limitation de la publicité, de la place des automobiles, réflexion sur la biodiversité…)

o  Organiser un espace commun, flexible et évolutif, support de sociabilité

Déclinaison : des espaces prévus pour les jeux des jeunes (espace agrès du bas de Meudon) ; des espaces ouverts au street-art (le long de certaines voies ferrées, dans les tunnels ou sur des bâtiments peu avenants ; favoriser l’accès à tous les espaces publics, installer des bancs pour faire une pause et pour socialiser ; disposer de toilettes publiques afin de favoriser l’autonomie.

o  Donner la priorité aux piétons en favorisant la marchabilité, pour une ville apaisée et en bonne santé

Déclinaison : favoriser les mobilités actives par les sentes et les passages, mis en zone de rencontre tout comme les rues sans trottoir ; régler les feux tricolores afin qu’ils soient adaptés aux piétons les plus lents. Les trottoirs et la voirie en général doivent respecter les normes PMR (largeur des trottoirs, pente…).

o  Amplifier la biodiversité et la présence des vivants

Déclinaison : création de corridors écologiques à « réservation » de cheminements pour la faune (« pas japonais » ou autre), important à Chaville entre les deux forêts ; limiter le désherbage ; protéger la petite faune sauvage de la prédation des chats[6] ; faire respecter la loi en évitant les clôtures hermétiques pour les bâtiments publics comme pour les autres ; veiller à adapter l’éclairage public au « besoin » à identifier en concertation par rue ou par quartier, par exemple diminuer en intensité en lisières d’espaces naturels et dans d’autres espaces à identifier (impasses…). Pratiquer l’extinction lumineuse aux heures creuses de la nuit. [7]

o  Réutiliser les matériaux et les ressources dans une logique d’économie circulaire

Déclinaison : pour le mobilier urbain, pour les revêtements de sols, pour les huisseries, luminaires ou autre.

o    Diminuer la place de la publicité en ville

Déclinaison : les panneaux publicitaires n’ont aucune fonction pour améliorer l’espace public. Ils encouragent à la consommation non maîtrisée. Ils sur-sollicitent les habitant.es avec des messages qui leur parasitent la pensée. Leur trop grande place dans l’espace public est incompatible avec notre projet. Il faut donc veiller à les limiter. D’autant plus que leur présence est concentrée dans certains espaces qui parfois concentrent les désagréments (circulation intense, bruit etc…) auxquels s’ajoute avec la publicité une forme de pollution visuelle.
Cf. D. Cormand, Temps de cerveau libéré : en finir avec la publicité, Les Petits Matins

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[1] La marche sensible est une promenade organisée pour recueillir les impressions d’un public cible, Cette manière originale de collecter les ressentis des usagers. La marche permet de ralentir, de penser librement. Marcher ensemble, être en mouvement, décale le regard et facilite les échanges

[2] Un ouvrage de référence possible : Richez_Associés, Franck Boutté Consultants, Leonard, La Rue Commune, Inventons la rue métropolitaine ordinaire du XXIe siècle, éditions Apogée.

Thématiques reprises ici : https://www.ruecommune.com/actualites/decouvrez-le-guide-methodologique-de-la-rue-commune

[3] Référence : un guide publié par la ville de Paris en 2021 :

https://cdn.paris.fr/paris/2021/05/07/8b831f415696697839e6191f57f756ad.pdf

[4] https://www.ville-chaville.fr/urbanisme-environnement/environnement/gestion-naturelle-de-l-eau-1204.html

[5] https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/agir/espace-documentaire/revetements-et-changement-climatique page 9

[6] https://www.lpo.fr/la-lpo-en-actions/education-a-l-environnement/ressources-pedagogiques/outils-pedagogiques/les-solutions-pour-limiter-la-predation-du-chat-domestique2

[7] Boissonnade Thomas et al.,  Biodiversité urbaine – Atlas de la trame verte des Hauts-de-Seine, https://environnement92.fr/

 

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